Un préalable : les taux changent, les principes restent
Chaque année, la loi de finances peut modifier les taux applicables aux revenus de capitaux mobiliers. Les dernières années l'ont bien montré, avec la réforme progressive de l'imposition des dividendes. Les mécanismes décrits dans cet article — retenue à la source, imposition libératoire, rôle de l'intermédiaire — sont en revanche stables. Avant toute décision, vérifiez les taux en vigueur auprès de la Direction Générale des Impôts (DGI), de votre banque ou de votre société de bourse.
L'imposition des dividendes
Les dividendes versés par les sociétés cotées aux personnes physiques résidentes supportent une retenue à la source libératoire : l'impôt est prélevé avant même que le dividende n'arrive sur votre compte, et vous n'avez rien d'autre à payer sur ce revenu.
Le taux historique de 15 % a été engagé, par les lois de finances récentes, sur une trajectoire de baisse progressive vers 10 % pour les dividendes issus des bénéfices réalisés à partir de 2023, avec des taux intermédiaires selon l'année d'origine des bénéfices distribués. Concrètement, le taux effectivement appliqué à votre dividende peut donc varier selon l'exercice dont il provient — c'est votre intermédiaire qui applique le bon taux.
Exemple illustratif : pour un dividende brut de 1 000 MAD soumis à une retenue de 12,5 %, vous percevez 875 MAD nets. Dans vos calculs de rendement réel, raisonnez toujours en net : un rendement affiché de 5 % brut correspond à environ 4,4 % net avec une retenue de 12,5 %. Retrouvez les distributions de l'année sur notre page Dividendes 2026.
L'imposition des plus-values de cession
Lorsque vous revendez des actions plus cher que vous ne les avez achetées, la différence constitue une plus-value de cession de valeurs mobilières, soumise à l'impôt sur le revenu au titre des profits de capitaux mobiliers. Pour les actions cotées à la Bourse de Casablanca détenues par des particuliers résidents, le taux applicable est un taux proportionnel spécifique, historiquement plus favorable que celui des titres non cotés — le législateur ayant toujours souhaité encourager l'investissement en bourse.
Deux points importants :
- La compensation des moins-values : les pertes réalisées sur certaines cessions peuvent, dans les conditions prévues par la loi, venir s'imputer sur les plus-values de la même année ;
- Les frais d'acquisition et de cession (courtage, commissions) entrent dans le calcul du prix de revient et du prix de cession, ce qui réduit d'autant la base imposable.
Le rôle central de l'intermédiaire financier
Au Maroc, la banque ou la société de bourse qui tient votre compte titres joue le rôle de collecteur de l'impôt : elle calcule et prélève la retenue sur vos dividendes, et opère également la retenue sur les profits de cession lorsque les titres sont inscrits chez elle. C'est un vrai confort pour le particulier : dans la plupart des situations courantes, l'impôt boursier est réglé à la source.
Votre intermédiaire vous remet en principe un récapitulatif annuel de vos opérations et des retenues effectuées. Conservez ces documents : ils vous seront utiles en cas de déclaration complémentaire, de moins-values à faire valoir ou de contrôle.
Cas particuliers à connaître
Investisseurs non résidents
Les Marocains résidant à l'étranger et les investisseurs étrangers relèvent de règles spécifiques, qui dépendent notamment des conventions fiscales conclues entre le Maroc et leur pays de résidence. Ces conventions peuvent réduire la retenue applicable aux dividendes ou attribuer l'imposition des plus-values à l'autre État.
OPCVM
Si vous investissez via des OPCVM plutôt qu'en direct, la fiscalité s'applique différemment, au niveau du rachat de vos parts. Notre comparatif OPCVM ou actions en direct détaille les deux approches.
Optimiser sans frauder : les bons réflexes
- Raisonnez toujours en net d'impôt pour comparer un placement en actions à un autre placement ;
- Privilégiez la détention longue : moins de rotations, c'est moins de frais et moins de plus-values imposées inutilement ;
- Suivez les lois de finances : la trajectoire de baisse de l'imposition des dividendes récompense les actionnaires patients ;
- En cas de situation complexe (non-résidence, gros portefeuille, succession), consultez un expert-comptable ou un conseiller fiscal agréé.
Conclusion
La fiscalité boursière marocaine est, pour le particulier résident, plutôt simple à vivre : retenues à la source, taux proportionnels connus d'avance, intermédiaire qui fait office de collecteur. Le mouvement engagé de baisse de l'imposition des dividendes renforce par ailleurs l'attrait des valeurs de rendement de la cote. Retenez simplement que les taux cités ici sont indicatifs et évolutifs : le réflexe de vérification auprès de la DGI ou d'un professionnel doit précéder toute décision d'investissement.
Cet article est publié à titre informatif et ne constitue ni un conseil en investissement ni un conseil fiscal. Consultez notre avertissement sur les risques.